Burkina : les autorités sanitaires veulent se débarrasser des faux médecins

Le Burkina Faso fait face au phénomène dit des ” faux médecins “, ces citoyens ou expatriés qui s’adonnent illégalement à l’exercice de la médecine sur son territoire. Ils sont de plus en plus nombreux à être démasqués et poursuivis en justice, comme ces six Algériens appelés à comparaître dans quelques jours devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou.

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Burkina : les auditions d’anciens ministres de Blaise Compaoré se poursuivent

Les ministres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré sont entendus depuis mardi par la gendarmerie nationale, à Ouagadougou, dans le cadre de l’enquête sur l’insurrection populaire d’octobre 2014.

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Burkina Faso : après le putsch, le pays face à ses déchirures

Pendant toute une nuit, une fiction rassurante a circulé au sujet du Burkina Faso : les militaires du RSP, le régiment de sécurité présidentielle chargé de la protection de l’ancien président Blaise Compaoré, renversé par la rue en octobre dernier après 27 ans de pouvoir, n’avaient arrêté les responsables des autorités de transition que pour répondre à des préoccupations « corporatistes».

Quelques heures plus tôt, peut-être cette crainte a-t-elle joué au sein de cette unité qui avait constitué la garde prétorienne de Blaise Compaoré, demeurée ultra-fidèle à son chef en exil, réfugié en Côte d’Ivoire, puis au Maroc, et qui serait de retour à Abidjan, pays voisin du Burkina Faso. Le RSP résistait ces jours derniers à une ultime tentative de démantèlement, certes, mais à présent, le risque s’est déplacé.

Dans la pire tradition des coups d’état en treillis, un militaire est venu lire à la télévision une déclaration soigneusement embrouillée, dont on retiendra que le président des autorités de transitions, Michel Kafando (qui n’est évidemment pas présent aux côtés du militaire) aurait « démissionné », tandis qu’un Comité national de la démocratie serait formé. On imagine sa composition, qui risque de rassembler de nombreux uniformes.

Gilbert Diendéré, nouvel homme fort

Comme l’avait annoncé Mobutu lors de son coup d’Etat de 1965 à Kinshasa (Congo démocratique) : « Ceci n’est pas un coup d’Etat. » Il avait fini par quitter le pouvoir, chassé par une rébellion. Son propre pays ne s’en est toujours pas complètement remis. Au Burkina Faso, c’est sans doute une ligne rouge de cette nature qui vient d’être franchie. Sauf si les militaires décident de revenir d’eux-mêmes dans leur caserne; ce qui s’est rarement vu, deux hypothèses majeures se profilent à présent.

Premier scénario, les éléments fidèles à Blaise Compaoré s’emparent du pouvoir et c’est d’ailleurs un de ses proches, Gilbert Diendéré, qui vient d’être désigné nouvel homme fort du pays, pour tenter une « restauration » de l’ex-président, sous une forme ou une autre. Il y a tout à parier dans ce cas qu’ils auront à cœur de faire payer l’humiliation subie en octobre, lorsqu’un soulèvement l’avait chassé du pouvoir. Or ce n’est pas une chose que la partie du Burkina Faso qui était descendue dans la rue avec le sentiment de faire éclater une chape de plomb risque de prendre à la légère. Moins d’un an après ces manifestations, il y a tout lieu de redouter des affrontements.

Manipulateur ordinaire de Constitution

L’ancien putschiste avait pourtant, en 1991, quitté son uniforme et introduit le multipartisme dans son pays. Il tolérait une presse d’opposition insolente mais marquée par le souvenir de la mort, en 1998, de Norbert Zongo, directeur d’un journal dérangeant, assassiné alors qu’il enquêtait sur un meurtre impliquant le frère du président. Blaise Compaoré déjà réélu deux fois au terme de scrutins boycottés par les principaux opposants avait aussi instauré, en 2000, le quinquennat et limité à deux le nombre de mandats.

Las, en 2014, le président offrait subitement le visage d’un manipulateur ordinaire de Constitution, comme l’on en rencontre dans d’autres pays africains qui n’affichent pas les prétentions démocratiques du « pays des hommes intègres ». « Ces derniers temps, il n’écoutait plus, enfermé dans sa bulle, lâché par une partie des cadres de sa formation mais poussé par ses proches, notamment son frère cadet François, qui ne voulaient pas perdre leurs positions ou s’imaginaient lui succéder », avance un diplomate occidental.

« Peut-être aussi que la communauté internationale n’a pas été assez ferme », avance Augustin Loada, président du Centre pour la gouvernance démocratique. Certes les Etats-Unis et l’ancienne puissance coloniale française avaient conseillé publiquement au président de respecter son engagement démocratique. François Hollande lui avait même promis un « job ». En cas de départ, « vous pourriez alors compter sur la France pour vous soutenir, si vous souhaitez mettre votre expérience et vos talents au service de la communauté internationale », écrivait récemment le président français.

Mais nul doute que Paris et Washington se seraient finalement accommodés de cette énième pirouette de Blaise Compaoré si elle lui avait permis de passer l’obstacle référendaire ou parlementaire. Car au fil des ans, ce président d’un pays pauvre et enclavé de 16 millions d’habitants dont l’économie repose sur la culture du coton et les transferts d’argent de sa nombreuse diaspora, était devenu « l’enfant chéri des institutions financières internationales pour la rigueur de sa gestion des affaires publiques », selon un diplomate français.

 

Le monde

Blaise Compaoré et sa femme Chantal Compaoré sont en Côte d’ivoire

Le dictateur déchu Blaise Compaoré est en Côte d’ivoire accompagné de sa femme Chantal Compaoré. Son frère François lui est au Bénin. Toute la journée de vendredi, la question était sur toutes les lèvres : où est Blaise Compaoré ? Après l’annonce de sa démission, certains médias nationaux avaient répercuté des rumeurs, selon lesquelles l’ex-président de la République, à bord d’un 4X4 escorté d’un véhicule blindé léger, avait quitté le palais présidentiel en direction de la route de Pô, l’une des dernières villes burkinabè avant la frontière ghanéenne, où l’ex-président aurait pu trouver refuge. Puis le numéro 2 du Régiment de sécurité présidentielle de Blaise Compaoré, au moment de se proclamer chef de la transition, dans la nuit de vendredi à samedi, a affirmé que le président déchu était en « lieu sûr », son intégrité « physique et morale » étant « assurée ».

Ce samedi, RFI a finalement pu joindre Chantal Compaoré, désormais ex-première dame du Burkina Faso. « Etes-vous à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, avec Blaise Compaoré ? » Elle a semblé plutôt surprise que les médias soient informés de leur possible lieu de refuge. Après un conciliabule, à distance du combiné téléphonique, l’ancienne première dame a néanmoins répondu : « Le président et moi sommes bien à Yamoussoukro ». « Tout va bien », a poursuivi Mme Compaoré, avant d’ajouter que le couple ne souhaitait pas faire de commentaire « pour le moment » sur l’évolution de la situation au Burkina Faso.

Blaise Compaoré décrète l’État d’urgence au Burkina Faso

La nouvelle destiné du Burkina Faso, Blaise Compaoré décrète l’État d’urgence