Interview: Afoutou Nadège : « …les jeunes femmes ont la place et le vent en poupe pour imprimer leur marque dans l’e-commerce ».

La quatrième (4e) édition du FemaleTechCamp ; le sublime camp organisé en l’honneur  des femmes « technologiques » aura bel et bien lieu ce 09 et 10 juin 2017 au Campus Universitaire de Lomé. A quelques jours de cette rencontre, l’équipe organisatrice s’active et place ses derniers pions en vue de donner une couleur assez spéciale à l’aspect e-commerce promu par les organisateurs. Pour nous en parler BNN Mivasocial (https://africanews.mivasocial.com) reçoit Nadège Afoutou;  Coordinatrice de ce grand évènement et Présidente de l’Association Education, Citoyenneté et Changement (E.2.C).

 

BNN Mivasocial : Bonjour Madame

Coordinatrice : Bonjour Mivasocial

 

BNN Mivasocial : Vous êtes la responsable du projet  FemaleTechCamp. Pour nous les novices dites-nous en quoi consiste réellement ce camp ? De quoi est-il réellement question ?

Coordinatrice : Le FemaleTechCamp Togo est littéralement un camp de technologie qui a pour cible les jeunes femmes âgées de 18-35 ans. Il s’inscrit dans la dynamique des objectifs du développement durable, notamment l’ODD 4 : Éducation de qualité, l’ODD 5 qui consiste à parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles, l’ODD 9 qui porte sur l’innovation par les TIC et l’ODD 10 sur la réduction des inégalités.

 

BNN Mivasocial : Vous êtes à la quatrième édition de cette organisation. Quelle sera la particularité de ce camp ?

Coordinatrice : Le salon du e-commerce qui servira de vitrine aux jeunes pour faire la promotion de leurs initiatives dans le  e-commerce, l’incubation totale des projets sociaux qui seront lauréats à l’issue de la compétition des pitches ; et le lancement d’une application mobilesurl’évènementàtéléchargersur :https://play.google.com/store/apps/details?id=com.femaletechcamp.app.

Et le documentaire sur les femmes d’influence au Togo, font la particularité de cette édition.

 

BNN Mivasocial : Vous êtes l’une des rares premières promotrices de camp 100% féminin en Afrique francophone. Pourquoi le choix  de la gente féminine uniquement ?

Coordinatrice : Le FemaleTechCamp est un projet  d’E2C TOGO (Créée en 2011, Éducation, Citoyenneté et Changement (E2C) est une association qui a pour domaine d’intervention, l’éducation citoyenne et pour but de contribuer au  mieux-être des populations pour un développement participatif. Elle est enregistrée au MATCL sous le numéro 0948 en date du 12 Décembre 2013). Il est né du constat de la faible représentation des jeunes femmes dans les domaines des sciences en général, et des technologies de l’information et de la communication en particulier. Le FemaleTechCamp vise donc en général à combler ce retard par la démystification progressive de la science et des TIC ; en suscitant des vocations pour les métiers du Web auprès des filles et par la contribution à leur autonomie financière.

 

 

BNN Mivasocial : Quel est le niveau d’études recommandé pour être participante ? Une novice qui aime la chose technologique peut-elle aussi prendre part à FemaleTechCamp Togo 2017 ?

Coordinatrice : Le niveau Bac au minimum est requis. Les ‘novices en technologie’ peuvent participer aisément au FemaleTechCamp. Le Pre-TechCamp virtuel que nous avons commencé depuis bientôt deux semaines, vise à mettre en confiance les participantes qui sont sélectionnées et à les préparer à tirer pleinement profit des activités du camp lui-même.

 

BNN Mivasocial : Pourquoi le nom anglais pour un camp alors que nous sommes dans un pays francophone ?

Coordinatrice : Rires. L’Anglais est un langage sine qua non pour tous ceux qui s’intéressent aux TIC, et veulent tirer pleinement profit des innovations technologiques.

 

BNN Mivasocial : Peut-on avoir une estimation des filles qui prendront part à ce grand rendez-vous ? Et le nombre total filles formées depuis la toute première édition jusqu’à nos jours?

Coordinatrice : Depuis 2014, 150 jeunes femmes venant de tout le territoire national ont pris part aux éditions annuelles du Female Tech Camp. Pour cette année, un appel à candidature  en ligne lancé du 14 Mars au 15 Avril 2017 a permis de sélectionner cinquante participantes. Une dizaine sur les 50 participantes fera le déplacement de l’intérieur du pays. Les participantes ont des profils intéressants et viennent de secteurs différents, notamment la médecine, le droit, les télécommunications, le génie civil, les affaires, la biologie, et les lettres entre autres.

 

BNN Mivasocial : « Le commerce électronique », c’est le thème choisi cette année. Selon vous l’Afrique dispose-t-elle de moyens conséquents pour faire profiter à ses fils et filles des avantages liés au commerce électronique ?

Coordinatrice : Nous sommes encore sur un terrain quasiment vierge. Par conséquent, les jeunes femmes ont la place et le vent en poupe pour imprimer leur marque dans l’e-commerce. Il y a des difficultés certes qui ne dépendent pas forcément des jeunes entrepreneures mais comme le dit l’adage, ‘A cœur vaillant, rien d’impossible’.

 

BNN Mivasocial : Les filles prennent part à cet évènement depuis 2014. Il y a-t-il un suivi, si non des mesures d’accompagnement pour leur permettre de garder leur génie ou lampe technologique allumée ?

Coordinatrice : Nous maintenons contact avec les ‘alumni’ et leur garantissons notre suivi dans la limite de nos ressources. L’implémentation du projet lauréat du pitch de l’an dernier par exemple, est suivie de bout en bout par E.2.C et il est dans la phase d’incubation. Les alumni dans leur grande majorité, entreprennent dans l’univers des TIC. Marilyn Fanyo est une belle illustration.

Par ailleurs, les représentantes des éditions de 2014-2016, font partie du comité d’organisation du FemaleTechCamp 2017. Elles font la promotion de l’évènement sur les réseaux sociaux et les medias traditionnels. Mon clin d’œil va particulièrement à Akouvi Awoudja du FemaleTechCamp 2014, Bawe Marie-Louise du FemaleTechCamp 2015 et Sonia Amenyito (notre photographe officielle) du FemaleTechCamp 2016.

 

BNN Mivasocial : Quelles sont vos attentes de la part des filles pour cette initiative du 09 au 10 juin prochain ?

Coordinatrice : Le FemaleTechCamp 2017 invite à innover et entreprendre dans l’e-commerce. J’espère que depuis le Pre-techcamp jusqu’à la fin du camp au soir du 10 Juin, les participantes auront trouvé des réponses à leur interrogations sur le secteur du e-commerce et seront suffisamment outillées pour entreprendre dans le e-commerce. Elles pourront dans l’immédiat, tenir des boutiques en ligne, devenir des ambassadeurs de vente, maximiser leur rendement et frayer leur chemin vers l’autonomisation financière.

 

BNN Mivasocial : Votre mot de fin

Coordinatrice : J’invite le public en général, à télécharger l’application mobile du FemaleTechCamp  depuis PlayStore, et à faire un tour sur le salon du e-commerce les 09 et 10 Juin de 10h à 17h. Le salon a lieu à l’American Corner à l’Université de Lomé.  Je rends hommage à toutes les femmes leaders qui croient en ce projet, nous font confiance, et nous soutiennent sans relâche par leurs précieux conseils et suggestions. Je remercie également les participantes et les speakers pour leur engouement et engagement. Sans eux, il n’y aura pas de techcamp. Enfin, j’aimerais manifester ma gratitude aux partenaires institutionnels qui nous assurent de leur appui technique, matériel et financier chaque année. Ce partenariat Public-Privé est la locomotive de cet évènement qui demeure social.

 

Hervé A.

Le campus de Lomé s’électrifie peu à peu

Peu à peu, le campus universitaire de Lomé subit des mutations. Après quelques nouveaux bâtiments au Nord pour l’accueil du nombre sans cesse grandissant de nouveaux bacheliers, on note tout le long des passages réservés aux passants des poteaux électriques.

Des poteaux très rapprochés les uns des autres sont équipés avec des Led reliés aux plaques solaires, qui selon la structure qui s’occupe des travaux « a une durée de vie de 10ans ».

Vérité ou mensonge le temps nous le dira mieux. Mais en entendant, les étudiants sont moins préoccupés par cette installation même si ces lumières devront leur permettront d’être plus à l’aise sur leur chemin après le cours de 20h.

A part les examens qui se font en ce temps, ils sont plus préoccupés par les tranches. En déhors des nouveaux étudiants les anciens n’ont pas eu jusqu’ici la possibilité d’humer l’odeur des billets craquants des banques togolaises : « C’est bien qu’il y ait de la lumière un peu partout sur le campus mais ce n’est pas pour autant qu’on nous refuse nos tranches. Nous avons déjà fait plus de trois mois depuis cette nouvelle reprise d’année académique. Ou bien c’est avec nos tranches qu’ils sont entrain de payer le matériel d’installation ? Nous disons oui au développement mais il faut que l’autorité universitaire sache que ce ne sont pas des cadavres qui viennent suivre les cours. En plus là où nous habitons, c’est quelqu’un qui a construit et lui, il n’attend pas forcément nos tranches avant que son loyer ne lui soit versé », a craché un ancien étudiant.

On comprend dès lors pourquoi la joie n’est pas au rendez-vous. Aussi, la qualité de ces lampes constitue d’autres questionnements.

La consommation du courant électrique serait-elle un souci a-t-elle point qu’on ne mette pas en place des lampadaires vu leur capacité à porter plus loin la lumière ?

Espérons que ce ne soit pas des matériels qui résisteront que deux ans et que les huit années restantes ne seront pas un « campus dans l’obscurité ».

Les travaux d’installations continuent et sont l’œuvre de la société Energy Stam