« C’est mon avis » : Les universitaires entre amertume et dégoût

Les réclamations récentes des étudiants sur le campus universitaire a abouti à un accord, celui de l’octroie de bus supplémentaires pour couvrir les trajets des étudiants. Mais force est de constater que la grille tarifaire du transport a subi une augmentation surprenante. De 100F, qu’importe le lieu où l’on habite, le tarif varie désormais en fonction de la distance et a pour prix culminant 250F. Punition ou correction ? En tout cas les jeunes ne mâchent pas leurs mots devant leurs départements où sont affichées les nouvelles grilles. Voici les propos recueillis par BNN Miva Social.

 

Edzéou : C’est tout simplement une injure de la part des autorités universitaires. Majorer le prix des bus à plus de 50%, c’est une manière de dire aux étudiants : « allez vous faire foutre, vous nous dérangez, on ne veut plus vous voir ». Qu’ils essayent de revoir à la baisse ces prix. Je suis sûr que quand ils fréquentaient eux-mêmes, la vie n’était pas pour autant chair qu’aujourd’hui pourtant ils payaient que ça. Qu’ils prennent conscience de tout le mal qu’ils nous font subir.

 

Germain : Parce qu’on a grevé pour réclamer ce qui est de droit, on trouve que le meilleur moyen de nous accompagner a part le fait de nous envoyer des soldats c’est d’augmenter les prix. Si ça ne tient qu’à moi seul je préfèrerais qu’ils repartent avec les bus vides. Nous avons des difficultés et nous faisons des réclamations et on trouve que le mieux c’est de nous rendre la vie plus difficile. Honte à eux !

 

Edith : Prions pour ces hommes sans cœurs ou aux cœurs de pierre car ils ne savent pas ce qu’ils font. Je suis sûr que tel que le prix est fixé ils n’accepteront plus le revoir à la baisse. Je demanderais à tous mes camarades de rester patients et de ne pas user toujours de la force étant donné que le système mis en place est destiné à nous brimer. Que Dieu nous protège, il pourvoira.

 

Mazama : Je viens au campus à vélo et donc le tarif en premier lieu ne me touche pas particulièrement mais la solidarité oblige. Vous savez qu’on a parfois des devoirs qu’on fait en groupe. Imaginez que ce jour l’étudiant en question habite très loin et il a tout d’abord du mal à trouver son petit pain du matin, vous pensez qu’il fera comment pour être là d’abord et comment fera t’il pour rentrer après ?

David : C’est évident si l’on se met à bourdonner. Nous sommes laissés pour compte il y a très longtemps. Quand vous faites bien la remarque la plupart de nos décideurs n’ont pas leurs enfants au campus de Lomé. C’est dans des universités prestigieuses des Etats-Unis ou de l’occident qu’ils font leurs études et vous voulez qu’ils nous donnent quelle considération ? Comme souligné d’ailleurs tout récemment vous verrez si les frais scolaires ne passeront pas effectivement à 50.000F.

 

Ayawa : Ayez pitié des pauvres. Si nous faisons des réclamations, c’est surtout pour que pendant les nuits nous trouvions de bus pour nous ramener à la maison au-delà de 20h et non pour qu’il y ait une augmentation vertigineuse sur les prix en fonction de là où l’on habite. Tout ceci c’est pour nous empêcher de fréquenter quand le LMD nous retient déjà.