Josaphat : « J’ai au moins deux compositions…pour remettre au bout du jour des chansons qui sont en voie de disparition dans nos répertoires à l’église ».

A l’état Civil, il se nomme ASSIGBLEY Koffi et connu du public togolais sous le nom de Chantre Josaphat; l’un des artistes gospel du moment. En pleine préparation de son nouveau bébé; un «maxi single », BNN Mivasocial a eu le privilège de le rencontrer. Pourquoi le choix d’un maxi single au lieu d’un album? C’est ce que l’artiste musicien, présentateur d’émission Radio nous livre à travers cette interview avec un avant-goût de quelques titres de ce chez-d’œuvre.

BNN Mivasocial : Pour commencer une idée de votre répertoire passé ?
Josaphat : Aujourd’hui j’ai deux albums et un maxi single qui est aussi prêt. Le premier a huit (8) titres, sorti en 2006 et le second à dix (10) titres sorti en 2013.

BNN Mivasocial : Vous êtes à quelques jours de la sortie de votre nouveau bébé. Pour nous les novices, que sommes-nous sensés comprendre par le concept : « maxi single » ?
Josaphat : Le maxi single est un genre d’album qui a entre un (1) et cinq (5) ou six (6) titres au plus. Aujourd’hui au niveau du BUTODRA pour parler d’album il faut avoir au moins dix (10) titres.
Je parle d’un maxi single puisque j’ai au moins sur l’ensemble deux compositions qui sont des créations pour remettre au bout du jour des chansons qui sont en voie de disparition dans nos répertoires à l’église. Le 1er est un reggae de sept (7) min j’ai constitué la majeure partie dont les chœurs sont constitués par les chants populaires que nous connaissons déjà. le second c’est une chanson de louange de 8min, les chants qui avaient bercés mon enfance quand on allait à l’église mais aujourd’hui je ne retrouve plus tellement la trace de ces chansons donc j’ai repris ces chansons au moments de louanges donc pour remettre ces chansons dans le flot j’ai pris ces chants que j’ai réarrangé et rechanter donc c’est un live on a fait, plus deux autres chansons qui sont mes propres compositions, donc ça constitue déjà un maxi single qui sera lancé la semaine prochaine.

BNN Mivasocial : Plus d’inspiration pour un album ?
Josaphat : Ce n’est pas le manque d’inspiration. Aujourd’hui si je veux, je peux même faire encore deux albums mais aujourd’hui vous le savez nous sommes dans un cadre d’autoproduction et déjà quand tu investis jusqu’à un certain niveau, il faut commencer par rentabiliser ce que tu as investi pour pouvoir continuer l’œuvre. Donc si je dis lancer le maxi single déjà, c’est pour dire que je ne vais pas garder ces chansons là et attendre jusqu’à ce que l’album soit complet donc c’est des chansons que j’ai commencé par lancer une à une pour permettre aux gens de pouvoir s’approprier ces chansons et leur permettre de commencer par louer, c’est pourquoi j’ai voulu mettre ces chansons dans la circulation, au niveau des églises, ceux qui en veulent et tout ça pour pouvoir continuer et terminer l’album. Si non l’album même sera lancé au cours de cette année.

BNN Mivasocial : Pourquoi Chantre Josaphat et non Josaphat tout court ?
Josaphat : Le chantre est celui qui est consacré, c’est une vase que l’éternel utilise dans sa maison pour l’accomplissement d’un ministère bien défini , la louange et l’adoration par lesquels Dieu lui-même passe pour restaurer des vies, quelqu’un qui est exclusivement choisi pour chanter la parole, ce qui vient de Dieu.

BNN Mivasocial : Chant et chanson, quelle nuance faites –vous entre les deux ?
Josaphat : Quand on parle de chant, on chante une mélodie (à voix nue) mais quand nous prenons la chanson il y a le son, la voix accompagnée par une mélodie (des instruments entrent en jeux.)

BNN Mivasocial : Racontez-nous un peu vos débuts dans ce domaine
Josaphat : J’ai débuté la musique dans une chorale comme dirigeant, je faisais du solfège, je composais des partitions et j’enseignais à la chorale; Après je me suis intéressé aux instruments de musique j’ai appris la batterie, le piano puis la guitare basse. Avec le temps mes inspirations, les chansons que je reçois dans les moments de prières et de méditations sont des chansons qui s’accumulaient donc j’ai eu cette faveur de pouvoir rentrer en studio et commencer par sortir ses chansons dont la première en 2006.

BNN Mivasocial : Spécialité niveau instrument ?
Josaphat : J’avais joué la batterie pendant un temps mais j’ai plus maîtrisé le solfège qui me permet de pouvoir faire la mélodie de cœur doublant les voix en studio. Les instruments je les ai pas joué pendant longtemps par ce qu’on est appelé nécessairement à maîtriser un instrument quand on est chantre.

BNN Mivasocial : Quel aspect de l’évangélisation touchez-vous plus dans vos compositions ?
Josaphat : Dans mes morceaux il y a l’évangélisation de façon générale, des chansons qui excitent à donner sa vie à Christ, à la repentance des thèmes qui parlent de l’édification personnelle de celui qui écoute des thèmes pour encourager les personnes à tenir bon quelques soit ce qu’elles traversent, les difficultés avec la parole de Dieu et aussi les chansons qui consistent à louer Dieu; juste on loue Dieu on l’adore exclusivement.

BNN Mivasocial : Quel retour par rapport à vos sorties de 2006 et 2013 ?
Josaphat : Très encourageant le retour, déjà le premier concert que j’avais fait pour sortir mon album c’était une réussite, le second aussi donc je pourrai simplement dire que c’est une grâce de la part de Dieu, ce n’est pas par ma force puisque je me souviens bien que pour organiser ces concerts je ne disposais pas de sou pour les organiser mais Dieu passait toujours par des moyens pour permettre que cela se réalise donc le retour est très bon je peux le dire même la fois passée quand j’ai lancé « mawu adéké médjé nuwo » le long Play de louange que j’ai lancé , ma foi, les coup de fil que j’ai reçu sont très encourageants ça veut dire que les gens apprécient les chansons.

Josaphat : Premièrement je peux dire que depuis la base, le gospel a trop traîné dans les quatre murs de l’église puisque je me souviens très bien que quand moi j’ai commencé par travailler à la radio, la plupart des chantres que je connais se réalisait plus au sein de l’église que dans la population. Secondo, on a pas de structures de promotion qui peuvent propulser les chantres à l’international.
Sur des chaînes cryptées jouant des chansons je pourrai dire que je vois sur ces chaînes des chansons qui ne peuvent pas tenir le trajet aux chants qui ou à ce que nous produisons au Togo. Si je vois les clips que nous réalisons, la qualité des chansons, il y a des studios à Lomé; de bon studios, des jeunes qui ont des studios, qui produisent de bonnes chansons sans tâches, des chantres à Lomé talentueux mais c’est le manque de structures, les artistes non-gospel ont plus de visibilité à l’extérieur parce qu’ils ont des structures, des gens qui les invitent à l’extérieur or les chantres du gospel de manière générale n’ont pas souvent l’habitude d’avoir un petit staff.

BNN Mivasocial : Selon vous pourquoi les artistes gospel du Togo peinent-ils encore de nos jours à s’exporter ?
Josaphat : Je pense que c’est une manque d’information, ils ne sont pas informé déjà moi je cohabitais avec des chantres, des artistes qui ne chantent pas le gospel, je leur demandais ce qu’ils font donc ils m’ont montré des tuyaux, ce qui est bon. Aujourd’hui je l’applique à mon ministère et puis je vois que ça porte du fruit.
C’est l’occasion de dire félicitation à Mivasocial puisque je vois que c’est un portail qui présente les chantres au monde, c’est un site assez important et je pense que de là beaucoup de choses vont changer et aujourd’hui les chantres sont en train de prendre conscience qu’ils ne sont pas visibles donc dernièrement il y a une télé sur satellite Gospel Music Tv qui est venu conscientiser les gens à envoyer leur clip mais ça ne suffit toujours pas. Il faut des structures pour permettre à nos chantres aussi de sortir. On a l’habitude au Togo d’accueillir plus que de sortir. C’est à dire que ce qui vient d’ailleurs est plus apprécié bien qu’il ait des chantres au Togo qui puisent représenter valablement le Togo à l’extérieur.

Josaphat : Il y en a qui travaillent sérieusement et les fruits se font voir quand vous écoutez leurs musiques vous êtes fier vous êtes d’accord. Mais il y en a aussi qui pensent que le gospel c’est facile de dire deux mots prendre la bible, prendre un verset, chanter dire quelque chose et en même temps les gens vont commencer par acheter, donc il y a des églises, le gospel est facile à faire alors que chanter du gospel c’est un style de vie, un témoignage, toi même le chantre tu dois avoir un bon témoignage et c’est par ce dernier que tu peux impacter ceux qui écoutent ta musique. Donc si ceux qui écoutent ta musique n’ont pas un bon témoignage de toi, ils ne peuvent jamais acheter ta musique. On ne chante pas pour de l’argent mais on sait qu’on a besoin de l’argent pour faire l’œuvre de Dieu. Quand vous faites le gospel et que vous ne possédez pas le message, la parole de Dieu, si vous ne pouvez pas défendre le texte d’une de vos chansons, dire voilà pourquoi ceci ou cela, ce n’est pas la peine et si le saint esprit ne vous communique pas des chants et que vous voulez utiliser votre intelligence pour le faire ça ne peut pas marcher aussi, donc le gospel c’est une vie, c’est un style de vie, c’est le témoignage. Tout le monde ne peut pas faire le gospel parce que pour le faire il faut être appelé, avoir du talent et même pour quelqu’un qui n’a pas une très bonne voix peut recevoir des chansons gospel s’il est chrétiens et je ne peux pas dire qu’il ne peut pas chanter. Il peut le chanter s’il s’applique, s’il apprend à chanter, il peut le chanter mais il faut savoir que pour chanter du gospel il faut vivre selon la parole de Dieu.

BNN Mivasocial : Comment naissent les inspirations à votre niveau ? Des vécus personnels, ceux des autres ?
Josaphat : Le paradoxe chez moi c’est que quand je chante un morceau de supplication ou un morceau pour dire ce que je ressens à Dieu je n’ai pas encore réussi à le produire fidèlement. J’ai un morceau actuellement qui est sur le maxi single « Xo na mi», je ne peux pas dire que je traversais un moment difficile avant de recevoir la chanson là. Il était minuit je me suis réveillé je ne sais pas ce qui m’a réveillé donc j’étais en train de méditer, l’esprit m’a dit : « prie ». J’ai commencé par prier et c’est arrivé à un moment que j’ai commencé la mélodie et puis les paroles ont commencées par venir, j’ai chanté à plusieurs reprises et je l’ai enregistré dans mon portable. Je n’avais pas de souci majeur mais c’est ce que le seigneur m’a communiqué.
Mais il peut arriver aussi qu’une expérience que le chantre a vécu avec Dieu et qu’il a vu la main puissante des Dieu qu’il puisse retranscrire ça dans une chanson. Il peut passer par un moment difficile un moment où tout est sombre dans sa vie qu’il puisse transcrire pour édifier, amener quelqu’un à plus se confier en Dieu et avoir des victoires.

BNN Mivasocial : Vous avez aujourd’hui double casquette sur la tête. Dites-nous comment réussir sa carrière musicale quand on sait qu’on fait aussi autre chose ?
Josaphat : Au fait pour moi-même c’est difficile de mettre ensemble ces deux talents, ces deux appels. Je peux dire que c’est un ministère auquel le seigneur m’a appelé. Souvent la radio tente de prendre le dessus mais je peux vous dire simplement que j’arrive quand même à m’en sortir avec les deux.
Je peux simplement dire à un jeune qui est quelque part en train de me suivre que pour faire deux choses, il faut savoir s’organiser. La radio j’y suis tous les jours mais de temps en temps je m’incline dans la prière pour recevoir des chansons, pour les travailler, faire la structure et tout avant d’aller en studio. Ce n’est pas facile mais quand vous demandez à l’esprit de Dieu vous aider avec une bonne organisation, je pense que ça peut aller.

BNN Mivasocial : Que ressentez-vous quand les gens sautent de joie sur vos chansons ?
Josaphat : Humainement parlant, ça m’étonne des fois de voir que moi si insignifiant sois accepté et aussi acclamé par ce public-là qui me suit, ça me confirme que je ne suis pas en train de chanter juste pour une décision personnelle, ça me confirme que Dieu m’a appelé mais spirituellement je vois souvent la gloire qui est donnée à Dieu puis que je dis souvent sur scène ne me voyez pas, voyez ce que Dieu est entrain de vous communiquer par les paroles des chansons qui sortent de ma bouche car c’est Dieu qui parle au travers de moi ce n’est pas moi-même. La gloire doit coûte que coûte retourner à Dieu.

BNN Mivasocial : Déjà des featuring ? Si non est-ce envisageable ?
Josaphat : Pour la première question jusqu’alors je n’ai pas encore fait de featuring. Pour faire du featuring côté gospel, il faut voir le message que nous véhiculons, que la personne aussi véhicule et personne ne m’a encore approché pour un featuring donc pour le moment si je dois en faire, c’est le côté gospel.

BNN Mivasocial : Peut-on les connaitre Gospel et non gospel ?
Josaphat : Pour le choix j’en ai beaucoup : premièrement le chantre Guy Rodrigue mais il est parti il n’est plus à Lomé, le groupe Shalom Voice, on avait déjà travaillé sur un morceau, Tonton CC. Côté féminin il y a Rosaline…il y en a.
Bon chanter avec quelqu’un qui ne fait pas le gospel, je me demande sur quel message allons-nous chanter ? Est-ce un message gospel ou un message de chanter juste la vie ou nous conscientiser sur un projet de société ? Vu que je suis aussi citoyen je peux toutefois chanter avec quelqu’un qui ne fait pas du gospel mais qui chante sur un thème qui va édifier la société sur la manière de vivre, les thèmes qui parlent de la société mais c’est que je ne suis pas souvent en contact avec les artistes non gospel donc je n’ai pas trop d’affinité pour choisir quelqu’un maintenant. Il y a beaucoup que je connaisse de loin comme Kossi Apeson, King Mensanh, Yaovi Khetetti et autres. Dans tous les cas, si Dieu crée l’occasion il n y a pas de problème.

BNN Mivasocial : Une note au gospel togolais ?

Josaphat : Je donnerai gentiment 7/10 parce que moi quand j’ai commencé à la radio j’ai vu le niveau du gospel mais aujourd’hui il y a de cela quinze ans (15) ans que je travaille toujours à la radio, le gospel n’est plus au même stade. Le gospel a énormément évolué. Aujourd’hui ceux qui veulent travailler font plus de recherches, appellent même ceux qui ne font pas le gospel pour demander leurs expertises et voir comment arranger telle ou telle chanson et des instrumentistes qui font vraiment un bon boulot.

BNN Mivasocial : Justifications
Josaphat : Ce qui motive ma note c’est que aujourd’hui, si vous demandez aux artistes non gospel ils vous diront que maintenant le gospel c’est du live. Avant c’était le play-back, moi mon premier concert que j’avais fait c’était du play-back mais le deuxième déjà c’est du live (2006) Mais aujourd’hui nous sommes en 2017, le live a pris toute la place et aucun artiste ne peut faire son événement sans instrument. C’est le live, tout le monde s’essaye au live donc c’est à encourager.

BNN Mivasocial : Pour finir, un mot pour les fans
Josaphat : Je dirai un merci, je donne un carton vert à Mivasocial pour ce qu’il est en train de faire pour cette initiative, que le seigneur vous bénisse. Je dirai premièrement à nous les chantres travaillons, il faut beaucoup boxer, il faut rechercher toujours rechercher à aller plus loin que nos limites, essayer d’acquérir de la connaissance de la part de ceux qui connaissent plus que nous pour plus avancer et tout ceci doit être chapeauter par le saint esprit. On ne peut pas chercher la connaissance et aller se mettre sur un joug étranger. Il faut que le saint esprit nous guide, rechercher à offrir le meilleur à Dieu dans nos chansons, dans la musique que nous produisons et dans notre vie de tous les jours. Je pense bien que si nous le faisons, le seigneur ouvrira les portes et nous avancerons donc à tous les mélomanes du gospel à tous ceux qui sont les fans de Josaphat qui aiment mes chansons je vous dis vos prières sont les bienvenues pour nous pousser à aller de l’avant et que le seigneur vous bénisse.