Questions orales : L’Assemblée nationale ne veut plus que les ministres se fassent représenter par leurs collègues

A l’hémicycle, les vendredis sont généralement consacrés aux questions orales, avec ou sans débat, adressées au gouvernement. Ce, dans le cadre de l’exercice de contrôle de l’action gouvernementale dévolu au parlement. Et parfois, certains ministres se font représenter par leurs collègues. Ça ne devrait plus être le cas les prochains jours ou du moins, la pratique devrait fortement diminuer. Lors de la séance plénière du 28 octobre 2016, les députés, par la voix de leur président, ont demandé, sinon exigé, que les ministres interpellés soient effectivement présents désormais.

Le 28 octobre dernier, lors de la séance plénière consacrée aux questions orales, quatre ministres étaient effectivement présents pour répondre aux questions des députés. Il s’agissait des ministres de l’urbanisme et de l’habitat, Maurice Dieudonné Bonané, de l’agriculture, Jacob Ouédraogo, des infrastructures, Eric Bougouma, et des ressources animales, Somanogo Koutou. Le dernier cité représentait son collègue en charge de l’eau et de l’assainissement à qui une question orale sans débat était adressée. En effet, le député Bassirou Ly avait posé la question suivante : « Monsieur le ministre, le gouvernement a adopté en début mars 2016 des mesures d’urgence pour améliorer l’approvisionnement des populations en eau potable, baptisées « programme d’urgence et assainissement ». Ces mesures devraient à terme diminuer la pénibilité de la corvée d’eau et permettre à notre pays de réaliser des bons qualitatifs au niveau du secteur. Monsieur le ministre, pouvez-vous faire à la représentation nationale le point sur la mise en œuvre du programme ? ».

Pour répondre à cette question, le ministre de l’eau et de l’assainissement s’est fait représenter par son collègue en charge des ressources animales. Ce dernier a pris près de 30 mn pour lire la réponse apportée par les services techniques du ministère interpellé. Mais, cette manière de faire n’était pas du goût des élus nationaux. Et, ils l’ont fait savoir par la voix de leur président. « C’est en fonction de la programmation des membres du gouvernement que nous réglons l’ordre du jour. Un ministre ne peut pas nous dire qu’il sera là et à la dernière minute, il envoie son collègue… », s’est offusqué Salifou Diallo. Avant d’ajouter : « Vous êtes le ministre des ressources animales. Quand vous venez nous lire ça comme la bible…Nous ne voulons plus qu’un ministre se fasse représenter ici par son collègue quand lui-même a donné son accord pour être là. Donc, dites à votre collègue de l’eau que l’Assemblée n’est pas d’accord. D’ailleurs, je vais interpeler le premier ministre pour ça ». Cette ‘’remontrance’’ a suscité une salve d’applaudissements de la part des députés, en signe d’approbation…

Par :Moussa Diallo
Lefaso.net