Humanitaire : CEHBED ouvre davantage ses portes aux orphelins de la rue

A quelques jours de la nativité du Christ Jésus, plusieurs sont ces orphelinats répandus sur toute l’étendue du territoire togolaise avec l’aide de certaines structures de la place ou fondations, qui essayent de se mouvoir afin que les enfants en garde des moments inoubliables. Rendre heureux ces enfants grâce aux petits cadeaux et des moments festifs; c’est le défi à relever en cette fête de fin d’année à part l’éducation, la scolarisation et la protection habituelle que reçoivent ces enfants. Ce matin Bnn Miva Social était dans les locaux du Centre Humanitaire pour le Bien-être des Enfants Délaissés (CEHBED), un orphelinat situé à Adétikopé, à 200 mètres de la route nationale N°1 et qui a pour responsable Monsieur MAWUSSI Célestin.

BNN Miva Social : Bonjour Monsieur MAWUSSI
Président : Bonjour Miva Social

BNN Miva Social : les internautes désirent vous connaitre. Pourrait-on aussi avoir une description sommaire de votre orphelinat ?
Président : Je me nomme MAWUSSI Célestin, Président et Directeur de l’orphelinat CEHBED. Le centre est une association apolitique à but non lucratif dont le but est d’accueillir les enfants délaissés en vue de promouvoir leur développement socio-culturel de façon durable, d’œuvrer pour leur éducation et leur réinsertion, la promotion de leurs droits et la lutte contre la maltraitance.

BNN Miva Social : Peut-on avoir une idée des enfants que vous recevez ici ?
Président : Normalement notre but ici c’est le centre des orphelins de la rue. Et il y a une différence entre l’orphelin de la rue et l’orphelin qui vient de la maison. L’orphelin qui vient de la maison, sa vie est facile mais son éducation est difficile tandis que c’est facile, lui qui vient de la rue, sa vie est difficile mais son éducation est facile.
Nous on prend soin de l’orphelin de la rue car il est exposé à tout danger. C’est notre devoir de le ramener à la maison, c’est de convaincre la famille, ses parents ou proche parents de pouvoir prendre soin de lui.
Nous faisons donc dix (10) chapitres aux parents et nous prenons trois (3) mois pour finir ces chapitres.
BNN Miva Social : Quelles sont les mesures que vous prenez pour aller à la conquête de ces enfants ?
Président Ici, il y a plusieurs volets. D’abord on quitte la maison à 23h pour savoir vraiment que c’est un orphelin de la rue. De 20h à 21h, ils sont encore dans des vidéos clubs. C’est après ça qu’on les voit se coucher près des mosquées, dans les stations d’essence et dans les marchés.

BNN Miva Social : Parlez de votre équipe de travail
Président : Nous sommes neuf (9) à faire le travail. Les enfants se couchent en cemoment nous on les réveille ou on les appelle et on continue de discuter avec eux pour savoir ce qu’ils ont comme problèmes. Avant c’était facile pour nous mais maintenant très difficile car ils ont peur et quand vous les aborder, ils prennent la fuite.

BNN Miva Social : Comment expliquez-vous le fait que les enfants ont une maison mais décident d’un jour à l’autre de dormir sous la belle étoile ?
Président : Je vous donne un exemple parmi tant d’autres. Prenez un enfant qui a perdu très tôt sa maman et qui est obligé de faire avec sa marâtre ou la nouvelle femme de son papa qui parfois le prend pour responsable de certaines choses qu’il n’a peut-être pas fait. On le signale et papa aussi pour choyer sa jeune femme, prend le bâton et tape l’enfant…Mais un jour lorsqu’il fera tomber quelque chose il dira : « Avant je ne faisais rien et on me tapait, maintenant que je suis en erreur c’est la mort qui m’attend ». Paf ! Il quitte la maison, en ce temps, vous allez apprendre ou écouter à la radio qu’un enfant de telle taille en habit bleu portant telle cicatrice a disparu. et quand moi j’écoute ceci, je ne suis nullement inquiété. Deuxième jour, ses amis de la rue vont le trouver pour l’emmener là où ils sont et le troisième jour nous on est là pour pouvoir ramener ces enfants à la maison.

BNN Miva Social : Avez-vous d’autres mesures face à la rétissance des enfants de vous suivre ?
Président : Nous avons certains albums de l’enfant que nous avions pris avant dans la rue, son état quand il était dans la rue et son état actuel. Et quand on leur montre ces images, ils finissent par avoir la pleine confiance au fait qu’il y a des gens prêts à prendre soin d’eux. Et quand on ramène les enfants, ils ont souvent peur de retourner en famille. Mais on essaye de discuter avec eux. Ils restent loin et vous indiquent l’emplacement de la maison d’où ils étaient sortis. Moi j’y vais et je fais les dix chapitres à ses parents.
Certains nous reçoivent très bien tandis que d’autres nous renvoient avec des coupe-coupes en disant que cet enfant est un « porte malheur pour la famille »; ce qui fait que certains enfants font 10 à 13 ans chez nous aussi. Et notre ambition c’est de les pousser jusqu’à ce qu’ils aient leur BAC et entrer dans la vie active.

BNN Miva Social : En quelle année est crééé l’orphelinat ?
Président : L’orphelinat est créé le 1er novembre 2000 à Adakpamé (Lomé) Nous avons fait neuf (9) ans dans la zone portuaire et c’est en 2009 que nous sommes venus ici à Adétikopé. Actuellement les enfants sont au nombre de 68; soit 32 filles et 36 garçons.

BNN Miva Social : Pourquoi cette délocalisation ?
Président : La délocalisation est due aux problèmes de pluie. En 2009, la zone était envahie par la pluie et les enfants ne pouvaient plus sortir pour aller à l’école. En plus de ça, un orphelinat en pleine ville cela ne nous avantage pas. Les enfants que nous avons à notre niveau, vu qu’ils étaient au cœur de la ville ceux du dehors essayent des fois de leur faire du toilettage de cerveau. Le fait d’être isolé maintenant arrange plus l’orphelinat.

BNN Miva Social : Pour la réinsertion des enfants dans leurs familles de provenance, les parents fournissent-ils des efforts pour mieux accueillir leurs enfants ?
Président : Malheureusement, c’est difficile pour les parents de venir nous visiter 68 enfants, cela suppose 68 parents à nous visiter régulièrement mais ce n’est pas le cas et lors de nos réunions, il n y a que 5 ou 6 qui viennent. Tout le reste ne vient pas et toutes les charges sont à nous.
On essaye de faire nos réunions une fois chaque trois mois afin de permettre aux parents de garder le lien ou l’amour parental avec ces enfants parce qu’il n’est pas bien qu’on les élève seuls pour que demain ils deviennent des rebelles à l’égard de leurs familles ou parents véritables. C’est ce qui nous oblige à organiser ces rencontres trimestrielles.
Le peu qui essaye de venir sont avec tous les enfants afin que les autres ne se sentent pas seuls. Nous essayons d’expliquer qu’en dehors de nous, ils ont leur famille qu’ils doivent prendre en compte.

BNN Miva Social : Ecole externe ou interne au cadre?
Président : Ici, notre situation nous oblige à avoir du CP1 jusqu’au CM1 dans notre enceinte. En plus de notre local aux écoles d’Adétikopé c’est un peu loin. Et donc du CM2 jusqu’en terminale eux autres ils quittent le centre pour aller à Adétikopé.

BNN Miva Social : Un détail sur ceux qui sont en apprentissage et ceux qui vont à l’école
Président : 66 sont des élèves et il n y a que deux 2 qui sont des apprentis couturières. L’année passée il y avait dix (10) qui étaient des apprentis et en septembre ils ont fini l’apprentisage.

BNN Miva Social : Avec les efforts fournis jusqu’ à ce jour, peut-on déjà compter des universitaires dans votre écurie ?
Président : Oui bien sûr ! Depuis 2000, nous avons actuellement 6 qui ont eu leur BAC et qui sont à l’Université et 432 enfants ont été insérés dans leur famille. En tout et pour tout, environs 500 enfants ont été l’œuvre de notre cadre.

BNN Miva Social : Quand on parle de fondation Baza baza selon vous à quoi cela rime ?
Président : Cela fait quatre ans que notre orphelinat se fait aider par la fondation Bazabaza. Et même bien avant, quand nous étions à Adakpamé, elle apportait toujours ses cadeaux pour procurer la joie de vivre aux enfants, chaque année des fournitures et de la nourriture et aussi de l’argent pour subvenir à leurs besoins. Chaque fois que nous avons des problèmes et que nous téléphonons l’association, elle n’hésite pas à nous donner son coup de pouce.
L’association fait beaucoup de chose pour nous et il nous manque véritablement de mots pour leur témoigner notre gratitude. Même l’année passée, elle a délivré des attestations aux enfants qui ont bien travaillé à l’école pour les encourager à mieux travailler, disons que cette association c’est notre maman. Nous lui disons merci pour tout.

BNN Miva Social : Un mot à l’endroit des enfants de la rue
Président : A tous les enfants de la rue je leur dirai de toujours continuer par prier. Sil plait à Dieu dès qu’on aura un peu plus de moyens on n’hésitera pas à venir vers eux pour leur apporter aussi notre soutien et qu’ils sachent d’avance que nos bras leur seront toujours ouverts.

BNN Miva Social : Nous vous disons aussi merci
Président : Merci à vous aussi