« C’est mon avis » : ça ne colle pas souvent entre l’armée togolaise et la population

 Du jeu à la “Tom and Jerry” ou mieux encore jeu de chien et chat, c’est ce à quoi rime l’attitude quotidien entre les soldats et la population civile au Togo. Ce phénomène qui dure depuis des décennies a suscité la curiosité de BNN Miva Social, à savoir pourquoi ça ne colle exactement pas entre ces deux entités et à qui provient réellement la faute. La population à travers « c’est mon avis » nous livre ces impressions consacrées à la première partie de ce sujet, un phénomène qui n’est presque plus une surprise pour les uns et les autres.

Pourquoi ça ne marche-t-il pas entre soldat togolais et la population ?

Boyodi : Je pense que les soldats en général et plus particulièrement ceux qui sont sur les routes ne jouent pas leur rôle. Il y en a qui attendent au-delà de ce qu’on leur paye pour agir. Pour preuve, ils sont nombreux à quémander. Quand les citoyens sont en infraction, au lieu de ramener leur moto à la fourrière, ils préfèrent prendre les sous et c’est que moi j’appelle de la corruption. Ceux qui n’en ont pas sont malmenés et gardent de mauvais souvenirs. Je ne pense pas aujourd’hui, ni demain qu’ils peuvent aimer un soldat.

Armand : Les soldats en réalité sont là pour notre sécurité et doivent être prêts à appliquer la justice. Je pense que souvent c’est la population civile qui les embête ou du moins les pousse à sévir. Quand ils sévissent, ce n’est plus l’affaire d’une seule personne; ce qui engendre plus tard des bouquémissaires.

Joice : Je pense que cela provient premièrement de la méconnaissance du rôle de l’armée par la population civile. Je ne suis pas sûr que l’armée soit établie pour faire mal à qui que ce soit. Mais avouons aussi que notre armée se comporte par moment très mal vis-à-vis des citoyens. Ils profitent de leurs vêtements (treillis ou uniforme) pour marcher sur la population. Et ça ce n’est pas du tout bien pour la réconciliation dans un pays comme la notre.

Amélie : Selon moi le problème est à trois niveaux. Premièrement c’est au gouvernants la faute. Ce sont eux qui ont usurpés les corps habillés, qui sont obligés à leur tour de procéder à l’exécution avant toute réclamation.

Quant à l’armée, elle profite par moment de son habit pour broyer la population ce qui est inadmissible dans un pays de droit et emmène la population au révolte.

La population pour sa part doit aussi respecter les lois qui régissent le pays. C’est évident quelle rouspète et procède à une désobéissance civique quand elle se sent méprisée. En clair que chacun joue sa partition et tout ira pour le mieux.

Doudou : Aujourd’hui il est bien vrai que la population n’a plus confiance aux soldats car ils peuvent les tabasser à tout moment pourvu que les ordres viennent d’en haut. Vous comprenez avec moi que dans cette situation elle ne peut jamais compter sur l’armée. La tentative de réconciliation organisée autrefois au camp état major et qui date de plus de trois ans déjà n’est malheureusement allé jusqu’au bout. Tant qu’on ne trouve pas de solution adéquate avec changement de mentalité de tous, je pense que rien ne peut changer.

Brice : Ailleurs quand tu vois un soldat se diriger vers toi, tu es aux anges alors qu’ici quand tu es en discorde avec un autre peuple, la première des choses auxquelles tu seras confronté c’est exactement ce à quoi tu t’attends le moins et c’est dommage.