Sauvé de justesse : « A 10 ans, j’ai commencé par fumer du cannabis et de la Marijuana »

Partir d’une vie désordonnée à une vie qui tend vers la sainteté est l’une des réalités de la vie que le commun des mortels a souvent du mal à croire de nos jours, une conversion semblable à celle de Paul de Tarse sur la route de Damas. BNN Miva Social a rencontré ce nouveau Saül non plus cette fois-ci à Damas mais au centre de réhabilitation des drogués situés sur la route de Kpalimé (Togo). Il s’appelle AMEDI Jean Jaques. Après sa conversion, il vient partager avec nous ces périples du passé dans la drogue et dans le braquage.

 

Miva Social : Bonjour, nous désirons mieux vous connaitre

Jean Jaques : Tout d’abord je me nomme AMEDI Jean Jaques. Je peux dire que je suis un ex drogués. Actuellement je suis au centre ACAARD. Je suis responsable adjoint du cadre à Amoussoukopé.

 

Miva Social : Comment êtes-vous arrivez à la drogue et à quel âge exactement tout a commencé ?

Jean Jaques : Tout d’abord j’ai commencé à l’âge de 10 ans par fumer du cannabis, du marijuana. Parce que dans mon quartier (Gdadago), beaucoup de gens fumaient cela. Tous les coins du quartier étaient pollués par la drogue. J’ai eu à faire de mauvaises compagnies et j’ai commencé à fumer.

 

Miva Social : Vos parents en savaient quelque chose ?

Jean Jaques : Mes parents ne savaient pas. Je le faisais en catimini pour que personne ne le sache. Je fumais et j’étais aux anges. Je faisais tout ce que je voulais. Personne ne remarquait que je fumais à part mes amis. Bien sûr que je posais des actes qui sont un peu bizarres mais ils ne se rendaient pas compte. Par la suite, ça a progressé et je suis devenu dépendant de la drogue, donc la drogue me contrôlait totalement.

Quand j’avais progressé, la marijuana ne me faisait plus soulée et donc j’étais devenu un toxicomane. Je n’étais plus un drogué. Un drogué c’est quelqu’un qui fume et qui laisse. Le toxicomane c’est celui qui abuse complètement de la drogue. J’ai commencé par prendre de la cocaïne et là je ne restais plus à la maison.

 

Miva Social : Où trouvez-vous exactement la drogue que vous fumiez tant ?

Jean Jaques : Elle est pleine dans les ghettos. J’allais au Ghana pour l’acheter. Comme j’étais imprimeur à l’époque, c’est avec les avances que je recevais chez mes clients que j’arrivais à tout acheter. Avec ça, je me débrouillais. A force de ne plus recevoir des travaux avec le temps, j’ai commencé à voler. J’ai commencé par vendre mes outils de travail, mon ordinateur, Je suis revenu sur mes habillements, les meubles de la maison; des meubles d’autrui.

 

Miva Social : Etes-vous l’ainé de la famille ?

Jean Jaques : Nous sommes trois (3) et je suis le dernier, le benjamin

 

Miva Social : A partir de quel moment ont-ils su tout ceci ?

Jean Jaques : Au moment où je sortais tard dans la nuit et revenais tard toujours dans la nuit. Quand le portail était fermé, j’escaladais le mur alors Papa faisait les remarques. Il a commencé par fouiller ma chambre et il a trouvé du marijuana, de la cocaïne et m’a renvoyé carrément de la maison.

 

Miva Social : Quels liens entre vos parents et vous ?

Jean Jaques : Mon père de nature est dur de caractère. Il ne gobait pas avec moi. Comment m’aborder, me convaincre et me conseiller, il n’arrivait pas à faire cela ; ce qui m’a poussé à sortir de la maison. S’il m’approchait avec amour, j’aurais pu comprendre ce qu’il m’aurait dit, mieux comprendre la drogue pour mieux l’éviter.

J’étais totalement contrôlé par la drogue et le conseil de mes amis. Bref l’éducation de la maison ne me disait plus rien. Je me baladais dans le quartier. Si je trouve à manger, je mange et j’ai commencé par rentrer dans des réseaux de vol et entamé plus tard des braquages pendant la nuit…

 

Miva Social : En toute honnêteté combien de personnes aviez-vous tué de vos propres mains ?

Jean Jaques : Beaucoup de personnes sont morts à ma présence mais ce n’est pas moi qui ai tué.

Quand on est sous l’emprise de la drogue, on a plus de remords. On n’a plus de conscience. Une fois nous étions deux à aller voler quelque part. On nous a attrapé et mon second on l’avait incendié tout nu devant moi. Et moi c’est par la grâce de Dieu que les forces d’intervention sont venues me délivrer si non j’allais être aussi incendié.

A partir de ce moment, j’ai commencé par retrouver ma conscience. Je ne veux pas finir comme mes amis. Bien sûr que j’ai fait la prison mais je ne veux plus retourner. Actuellement je hais la drogue.

 

Miva Social : Combien de temps aviez-vous passé en prison ?

Jean Jaques : En prison j’ai fait 6 mois.

 

Miva Social : Est-ce qu’il vous arrivait de cambrioler vos proches ?

Jean Jaques : Quand le papa a découvert que je fumais, et il m’a renvoyé é de la maison je suis revenu voler dans la maison, dans notre maison

Il a su que c’était moi parce que personne de l’extérieur ne connaissait les circuits de la maison. J’étais revenu avec les amis.

 

Miva Social : Etiez-vous prêt à tuer votre père pour ses biens ?

Jean Jaques  Je savais que c’était mon papa. Je n’allais quand même pas le tuer, juste pour lui faire peur.

 

Miva Social : Et si par mégarde il se défend et vos amis le tue, comment allez-vous sentir ?

Jean Jaques  Ou, oui ! vous avez raison, mais je ne m’attendais pas à cela. Moi ce que je voulais c’est de l’argent. Il avait suffisamment d’argent

 

Miva Social : Comment avez-vous rencontré le pasteur Epiphane, votre mentor ?

Jean Jaques  Le pasteur et moi on s’est retrouvé à Adidogomé à son siège. J’y étais avec ma maman. C’était elle qui était tout le temps derrière moi dans ces tracas. Ailleurs comme en prison, on me tabasse quelque part c’est elle qui vient faire les dépenses, elle m’a beaucoup supporté. Comme elle est une mère, elle ne m’a pas abandonné. Elle m’a emmené chez le pasteur et on a prié. Le pasteur nous avait plusieurs fois donné des rendez-vous mais moi je n’y allais pas. A force de refuser, elle n’avait plus de réponse et elle n’avait pas non plus de mes nouvelles.

Elle autre, elle y allait et continuait par prier jusqu’à ce qu’un jour, elle se posa la question : « Je demande que mon enfant revienne à la maison et il ne revient pas alors que Dieu attendait mes prières »c’est en ce moment qu’on allait m’incendier et que Dieu m’a sauvé. De là, j’avais donc pris conscience et je lui ai dit  « emmène-moi au centre. Ce qui m’a encore marqué j’étais la première personne et redirigé vers le centre.

 

Miva Social : Vous n’êtes plus aujourd’hui drogué mais vous êtes toujours au centre. Est-ce la peur de faire une rechute ?

Jean Jaques : Le pasteur et moi, on était comme des frères et il me conseillait. J’ai fait à peu près sept moi de délivrance. Après libération et depuis un an 6 mois, je suis resté au centre et je travaille avec le pasteur.

C’est pour évangéliser et de plus j’ai reçu l’appel de Dieu dans mes songes, dans mes révélations pour que je sois un modèle pour mes amis pour qu’il m’imite après toutes ces années de calvaire ténébreux qu’ils ont vécues, que je sois un guide pour eux. C’est pourquoi je suis au centre.

 

Miva Social : Comment arrivez-vous à maîtriser les drogués actuels du centre ?

Jean Jaques  Mon histoire ressemble un peu à celle de Jérémie. Je suis petit mais les gens que je supporte au centre sont parfois plus âgés que moi et c’est par la grâce de Dieu que j’arrive à les supporter. C’est par l’expérience que j’ai vécu dans les rues. Dieu m’a fait éprouver, tout cela pour que je sois fort afin de supporter ces genres de choses par la grâce du saint esprit

 

Miva Social : Un message pour ceux qui continuent de sombrer dans la drogue

Jean Jaques  Je les exhorte et ceux qui sont sur le point de le faire et qui me lisent, que la grâce de Dieu les libère de la drogue. Parce que ce n’est pas facile. On peut prendre l’engagement d’arrêter de fumer mais notre propre engagement ne suffit pas pour nous y conduire. C’est l’Esprit saint, l’Esprit de Dieu qui pourra nous soutenir par derrière comme David ? Comme Moise qui a voulu libérer le peuple d’Israël de la main du Pharaon.

On peut autant prier pour vous, mais si vous ne prenez pas conscience du fait que la drogue vous détruit, vous aller continuer par fumer c’est pourquoi c’est la grâce

Ce n’est pas facile. Parfois ils sont imprévisibles. Ils tentent (drogués ) de lever la main sur moi, heureusement que j’ai fait aussi les arts martiaux. Disons que Dieu m’a équipé de tous ces moyenspour que je sois fort face aux leurs pour je les maitrise avec l’aide de l’esprit saint.

 

Miva Social :  Votre relation actuelle avec la famille ?

Jean Jaques : Nous nous sommes réconciliés. Mon papa entend souvent mes témoignages à la radio. Bien sûr qu’il ne m’a pas encore vu. Peut-être qu’il a encore peur de moi. C’est comme un Thomas, Il est devenu Thomas. Je pense qu’il veut me toucher avant de se rendre compte que je ne vole plus, que je ne me drogue plus. Mon frère et ma sœur, tous en Europe et ma maman, on s’entend bien.

 

AIR FRANCE change son programme

La compagnie aérienne qui dessert le Togo Air France a modifié ses fréquences de vol. Du 28 mars au 13 juin, elle assure 4 liaisons hebdomadaires Paris-Lomé (lundi, mercredi, vendredi et samedi).

A compter du 14 juin, la compagnie reliera le Togo 5 fois par semaine (lundi, mardi, mercredi, vendredi et samedi).

Départs de CDG à 14h10 et de Lomé (LFW) à 22h25 TU.