Les baraques au bord des routes : quelles solutions pour éviter des accidents

La réhabilitation des routes fait partie intégrante de la vision Togo 2030. C’est dans cette optique que de nouvelles routes ont commencé par apparaître dans la capitale togolaise. Malheureusement, ce travail occasionne l’occupation anarchique et illégale des routes et trottoirs par les commerçants de tout acabit. Dorénavant, la place réservée aux piétons est remplie de baraques tandis que les piétons ne trouvent leur place que sur la route principale ; ce qui pourra être la cause de plusieurs accidents. Des baraques de ventes de cd, mobilisant une foule énorme ici et là, des étalages de chaussures qui empêchent certains d’être plus concentré sur la route…bref des multitudes de comportements qui ne sont pas sans risques.

De Bè-Kpota à Agoè-Assiyeye en passant par Agbalépedo ou encore du boulevard 13 janvier  jusqu’à Dékon, on rencontre toute une multitude de commerçants qui installent leurs  baraques ou leur points de ventes le long des trottoirs.

Bien qu’avec les nouveaux travaux, il est écrit au bord des routes : « Interdit de mettre des baraques », on en trouve un peu partout. Il s‘agit principalement des produits venus du port à l’instar des batteries pour ordinateur et piano, des chargeurs, des habits, des ustensiles de cuisine, des lits et mousses de chambre, des tables et chaises en plastique, des jouets d’enfant. On y trouve aussi des chaussures disposées sous les lampadaires, des cafétérias, l’atelier des vulgarisateurs et mécaniciens ainsi que des baraques de ventes de CD audio et vidéo  qui attirent plus notre attention compte tenue du nombre de personnes drainées quotidiennement sur les routes après leur avoir confisqué le trottoir.

Si nous retournons dans les années 2005-2008,  les CDs audio et vidéo se vendaient par les nigériens et les guinéens; la plupart se déplaçant de quartier en quartier pour offrir leur service à ceux qui sont amoureux des séries ivoiriennes, des films de Hollywood ainsi que de « Nollyhood ».

Aujourd’hui, la vente se fait principalement par les  autochtones qui infestent les trottoirs avec des CD de séries, de feuilletons, de films d’action, d’amour et  films érotiques.

Mais les films de Hollywood sont les plus achetés et admirés ces derniers temps. Communément appelé «  ibo films  », ce sont des films nigérians dont la plupart sont traduits en vernaculaire (Ewé) par  la maison de multiplication de CD nommée Haffiz Production.

L’auditoire est composé en majorité de personnes analphabètes et demi-lettrés sans oublier les élèves qui prennent plaisir à voir ces films chaque fois qu’on les envoie acheter quelque chose au bord de la route.

Pour attirer la clientèle, une télévision est mise à leur disposition  non seulement pour tester ce qu’ils achètent mais aussi pour passer en boucle ces films traduits en vernaculaire. Petitement, la route finit par être remplie de monde au point qu’on peut penser à une «salle de cinéma à ciel ouvert » qui s’anime à partir de 19h; moment qui correspond au retour de ceux qui sont au boulot.

C’est pourquoi ce phénomène reste récurent et dangereux  non seulement pour les vendeurs qui occupent illicitement les lieux mais aussi pour ces piétons qui s’accaparent la route en fin de compte.

Le soir après une journée de dur labeur, les conducteurs roulent à vive allure avec un seul objectif : « Rentrer vite pour mieux se reposer ». Dans cet esprit d’empressement où la route est à moitié occupée  par les « adeptes de cinéma » et autres, il est facile de se faire tamponner par une voiture ou une moto. Un accident entre les conducteurs eux-mêmes n’est pas non plus du reste car en voulant feinter ou éviter le piéton, le pire peut faire irruption.

Parfois, ce sont des matchs de football des éperviers du Togo ou la « Champions League » qui laissent place à cet engouement pas génial.

Ou ce sont tout simplement les bars situés au bord des routes qui transforment les trottoirs en boîte de nuit avec des risques qui vont au-delà de ce que l’on peut imaginer.

Bien que inlassablement plaisant, les films particulièrement traduits en vernaculaire  ont d’autres conséquences sur l’éducation. Ils constituent un frein pour l’évolution mentale des élèves qui y ont accès.

Ces films qui auparavant était en anglais et permettent aux élèves de jogger ou de se mesurer à eux-mêmes en vue d’améliorer leur propre background à travers la traduction, la compréhension et le parlé ne se réduit qu’à du n’importe quoi.

Dorénavant, le vernaculaire est servi aux enfants sur « un plateau en or » au détriment de la langue de Shakespeare. Bref l’effort intellectuel est bannit au détriment des images qui ne font que les abêtir; puisque le côté négatif prime désormais sur le positif.

La plupart de ces films présente un caractère violent. Les élèves arrivent facilement à incarner cette part d’agitation qui se manifeste par des provocations et des farces entre eux.

La reproduction des actions érotiques dans ces films exposés à l’air libre éveille  négativement la mémoire des élèves qui sont tentés à coup sûr de les reproduire avec leurs camarades de classe une fois l’occasion trouvée. En clair, les enfants n’ont pas leur place dans cet atmosphère.

Pour préserver l’intégrité de la personne humaine, il va sans dire  que les regroupement au bord des routes et trottoirs doit être proscrit et surveillé de près par les autorités en charge de l’habitat et des routes.

Les mesures nécessaires en vue de permettre un développement rationnel des villes et capitales doivent être prises pour faire assoir la notion de responsabilité à tous les niveaux que ce soit.

Les vendeurs au bord des routes doivent aussi prendre leur responsabilité pour ne pas confisquer les trottoirs et sensibiliser leur monde cinématographique du danger qu’ils courent en restant plantés pendant des heures au bords de la route pour les films et séries, sans oublier tout ce qui est étalé au bord de la route et qui suscite de l’engouement. Comme le dit-on souvent, « la liberté de l’un s’arrête là où commence celle de l’autre ».