BNN reçoit l’experte en Médiation et Conciliation Commerciale; Mme Molgah KADJAKA : « J’estime qu’une femme qui travaille serait un atout pour son foyer »

Si l’on s’accorde aujourd’hui sur le fait que l’épanouissement flamboyant d’un couple passe par la communication et l’amour, l’activité professionnelle exercée par le couple n’en demeure pas l’exception compte tenue de la cherté de la vie. Etre femme au foyer, mère et exercer encore un métier devient souvent plus compliqué à gérer dans la plupart des cas; ce qui constitue parfois la cause de secousses dans certains foyers. Comment s’épanouir tout en rendant stable son foyer ? Comment mettre ensemble ces rôles pour qu’aucun de tous ces compartiments ne soient négligés ? C’est l’objet de cette interview que Maître Kadjaka Molgah, Présidente de la Chambre des Notaires du Togo accorde au BNN Miva Social à travers ses expériences personnelles.

 

BNN Miva Social : Bonjour Maître

Maître Kadjaka : Bonjour BNN Miva Social

 

BNN Miva Social : Aujourd’hui beaucoup de gens pensent qu’une femme qui travaille comme son mari serait un atout pour le foyer. Que dites-vous de cette affirmation ?

Maître Kadjaka : Dans un ménage, nous avons innombrables charges, qui doivent être couvertes pour le bien être de tous ceux qui y vivent, notamment: le loyer de la maison, la santé, l’habillement, la nourriture, les frais de scolarité des enfants, les loisirs, bref toutes les charges matérielles du ménage. Face à toutes ces charges, la femme qui a une activité génératrice de revenu pourrait contribuer de façon significative aux côtés de son mari à y pourvoir. C’est pourquoi j’estime qu’une femme qui travaille serait un atout pour son foyer.

 

BNN Miva Social : Madame est-elle mariée ?

Maître Kadjaka : Je suis mariée et mère de trois enfants.

 

BNN Miva Social : Une femme qui gagne dignement sa vie peut-elle toujours dépendre de son mari, doit-elle toujours attendre son mari avant d’agir pour le bien fondé du foyer ?

Maître Kadjaka : En principe la femme doit participer aux charges du ménage en fonction de son revenu ou en fonction de ses facultés contributives. Lorsque les revenus de la femme lui assurent une autonomie financière, elle doit investir dans son ménage. Ses revenus ne doivent pas être considérés comme des économies pour ses besoins personnelles au risque de fragiliser la vie du couple. Les différences en rapports au revenu, peuvent mener à la séparation du couple, parce qu’elles renvoient à la capacité ou à l’incapacité à affronter la réalité quotidienne du ménage. Accepter la vie à deux, c’est accepter une union durable du couple dans l’amour et le respect de la dignité de celui-ci. Vivre en couple c’est accepter également progresser ensemble, grandir les enfants ensemble.

 

BNN Miva Social : Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de vous prendre la tête parce que vous ne dépendez aucunement de votre mari ?

Maître Kadjaka : Non pas du tout, au contraire c’est pour une fierté de réaliser de temps à autre que je suis en mesure de faire face aux charges du ménage au même titre que mon mari. Je réalise le bonheur de la complémentarité de nos revenus pour une bonne couverture de nos besoins vitaux au sein de la famille.

 

BNN Miva Social : Comment arrive-t-on à s’épanouir quand on sait qu’on est mère, qu’on a les affaires de la cour à gérer sans oublier son cabinet ? Arrive-t-on le plus souvent dans ce cas à donner une dynamique souhaitée à son foyer ? Si oui comment ?

Maître Kadjaka : J’avoue que ce n’est pas facile de conjuguer le rôle d’épouse, de mère avec celle de ma profession. Surtout que dans le ménage, le travail domestique incombe prioritairement à la femme, selon notre tradition africaine. En ce qui me concerne, j’ai eu la chance et l’avantage d’avoir reçue une éducation de base solide au sein de ma famille qui m’a aidé à y faire face. Très jeune, j’ai appris à tenir une maison, à m’acquitter des travaux domestiques, à m’occuper de mes frères et à poursuivre dans le même temps mes études. C’est pareil dans mon foyer, à la différence qu’un avantage s’y ajoute, celui d’être maîtresse de maison. Ces acquis conjugués avec une passion et l’enthousiasme, m’aident à mieux m’organiser quotidiennement, et à m’en sortir admirablement.

 

BNN Miva Social : En tant que femme instruite s’il faut donner une limite en matière de naissance, combien autoriseriez-vous ? Pourquoi ?

Maître Kadjaka : C’est bien de faire des enfants mais assurer leurs réussites à tous égards serait mieux. L’éducation scolaire des enfants en elle seule revient chère de nos jours, c’est pourquoi je pense qu’il faut faire les enfants en tenant compte du revenu du ménage. Pour ma part, quatre enfants seraient suffisants pour un foyer à revenu moyen.

 

BNN Miva Social : Quelle différence mettez-vous entre réussir sa vie et gagner sa vie. S’il vous est demandé de vous situer, vous vous mettrez de quel côté ?

Maître Kadjaka : L’on réussit sa vie en s’offrant des revenus à travers des activités qui passionnent. C’est surtout un choix de vie personnelle, opéré en accord avec son rythme intérieur, conformément à ses attentes et à ses besoins. Tandis que gagner sa vie, c’est la subir et avoir son revenu, à la suite de durs labeurs dont on s’est acquitté avec beaucoup d’efforts, sans plaisir.

Si l’on me demande de me situer, je me mettrai du côté de “réussir sa vie“. Pour l’instant j’aime ma vie, j’aime tout ce que je fais et surtout, c’est avec joie que je vaque à mes occupations.

 

BNN Miva Social : Pourquoi madame a t-elle choisi comme carrière le métier de notaire? Est-ce quelqu’un qui vous a inspiré ou c’est plutôt l’impulsion des parents ?

Maître Kadjaka : Personne ne m’a obligé à devenir notaire, c’est un choix personnel opéré par amour pour la profession.

 

BNN Miva Social : Comment peut-on assurer au foyer sans que les occupations professionnelles ne soient un handicap pour son propre épanouissement et celui de son foyer ?

Maître Kadjaka : L’épanouissement dans la vie professionnelle est autant important pour moi que l’épanouissement dans la vie familiale, c’est pourquoi une bonne organisation pour faire face efficacement aux contraintes du quotidien est important.

 

 BNN Miva Social : Des vœux à la population pour cette nouvelle année ?

Maître Kadjaka : A l’orée de l’année, je souhaite à mes sœurs et frères togolais, une année pleine de santé, d’amour, de joie, de paix profonde, de prospérité dans toutes leurs entreprises, le tout dans une bonne cohésion sociale.