Fontaine publique : Un véritable calvaire pour les petits enfants d’Agou koumawo

L’eau : plus qu’une nourriture, reste une matière indispensable pour la survie de tout peuple, mieux encore quand elle remplit toutes les conditions pour maintenir le corps en bonne santé. Cependant dans certaines régions du Togo parfois reculées ou tout simplement cachées, la recherche de l’eau potable constitue toujours la pénitence des peuples. Un tour fait à Agou Koumawo, l’existence d’un puits public récemment construit reste à présent le moyen qui sauve cette population quand les puits tarissent dans les ménages. En effet, ce sont les enfants, parfois trop jeunes qui se livrent à un terrible exercice physique pour pomper l’eau de la fontaine, des pratiques qui ne sont pas sans conséquences sur la croissance et la santé de ces enfants.
Ici, nous sommes non loin de la ville de Kpalimé; une localité communément appelé Agou-koumawo, située dans la préfecture d’Agou.
Les puits sont essentiellement les points d’eau qui aident les menages dans leurs besoins quotidiens. Ces derniers tarissent aussi parfois et la situation devient compliquée pour les villageois.
En février 2015, les populations ont eu la chance de bénéficier d’un projet de construction de fontaine publique pour palier à ce manque. C’est un point d’eau foré équipé d’un dispositif en fer et qui sert à pomper l’eau de l’intérieur vers l’extérieur par des gestes aller-retour du haut vers le bas, un geste qui sollicite en grande partie les muscles du corps.
Cette fontaine se situe au cœur du village et les habitants de près ou de loin en font le tour chaque jour, autant de fois que le besoin se fait sentir.
Le plus surprenant est de voir des petits enfants d’âge compris entre quatre et six ans à l’œuvre, manipulant ce matériel avec autant d’énergie pour vite remplir leurs sceaux ou bassines et reprendre le chemin de la maison : « J’ai douze ans et je me nomme Junior. Mon frère et moi nous aidons nos parents en puisant de l’eau régulièrement ici, pendant les week ends et quand nous revenons des classes les soirs, nous remplissons les bassines à la maison. Le fait de tirer tout le temps ce fer pour puiser de l’eau nous nous fatigue un peu », a témoigné un petit venu se servir.
Par nécessité, les enfants sont envoyés pour puiser de l’eau et vu l’âge de certains alors qu’ils sont obligés de dépenser de l’énergie comme des adultes, il est évident qu’ils aient mal dans tout le corps.
Certaines jeunes filles dans cet exercice finissent par avoir un corps « hyper dodu », comparable à celui des jeunes garçons.
Doit-on accuser les parents qui ont besoin de se faire aider par leurs enfants quand ils ont sont occupés ou blâmer les responsables de cette localité qui dans leurs efforts apparents ont pu implanter au moins une fontaine qui draine des populations vers le même endroit hors mis la distance ?
La responsabilité étant partagée, d’autres fontaines instaurées dans les années à venir pourront aider ceux qui habitent loin à limiter les distances habituellement parcourues.

Si possible équipée de pompe automatique, les fontaines installées un peu partout deviendront un grand moyen d’épanuoissement pour les habitants de toutes les contrées du Togo.
Les besoins seront toujours là, mais néanmoins il faut que les parents sachent aussi qui envoyer puiser de l’eau si non les risques pris aujourd’hui peuvent ne pas pardonner avec le temps.
A bon entendeur, salut !